Le Belgradois

Deux ans à Belgrade (en Serbie) : mes excursions (en Serbie, au Monténégro, en Croatie, etc), découvertes culinaires et autres aventures.

samedi 7 avril 2007

NOTRE RETOUR VIENNE-BELGRADE - OU 24H PAS CHRONO DU TOUT !

Enfin, voilà la fin du récit de notre voyage !! Désolée de vous avoir fait attendre...
Pas de photos au programme de ce post, car il n'y avait vraiment rien à voir ! Vous allez vite comprendre pourquoi...


Resituage de l'action : nous sommes donc dans le train au départ de Vienne pour Belgrade, il est 20h03... (voir mon précédent post)


SAMEDI SOIR, 20H03, Train en direction de Bucarest via Sofia / Belgrade / Budapest
Nous nous installons dans un compartiment et profitons du passage du contrôleur avant le départ pour lui demander si on est dans le bon train et vérifier si on a un changement à Budapest.
Ce dernier réfléchit quelques secondes et nous répond "Non non, aucun problème, vous êtes dans le bon wagon".
(Petite précision : on a posé cette question en allemand car le contrôleur était autrichien - pas de possibilite d'avoir mal  compris donc, puisque je parle allemand couramment ! Vous allez comprendre plus bas pourquoi je vous précise ça...)

SAMEDI SOIR, 23H15
Nous sommes à Budapest, à moitié endormis,  le train redémarre doucement... Personne ne bouge dans notre compartiment.

DIMANCHE MATIN, 00H05
Encore un contrôle des billets (il y en a souvent !!)...

La contrôleuse prend nos billets, baragouine quelques mots en hongrois... Et finit par faire "non" de la tête : "No... No Beograd"...
Qu'est-ce qu'elle raconte ? On est encore un peu endormis, on a du mal à comprendre ce qu'elle veut nous dire...

Sur ce, arrive un autre contrôleur qui parle 2 mots et demi d'anglais... et pour le coup, ce qu'il nous dit nous réveille complètement !! :
"No Belgrade, Bucarest".

Et là c'est l'EFFAREMENT TOTAL !!!!

Il nous explique (toujours dans son anglais très limité) qu'on doit descendre à la prochaine gare (un trou perdu en Hongrie avec un nom finissant en "ok") pour reprendre un train en direction de Budapest puis Belgrade !!!!!

Dans sa grande gentillesse, il ne nous fait pas payer d'amende pour voyager sans titre de transport valide (amende qu'on aurait du mal à payer de toute façon puisque nous n'avons évidemment pas de liquide en florins et que, comme je vous l'avais déjà dit, la carte bancaire de Rodolphe a dépassé sa  limite de retrait...)

Impossible par contre de le persuader d'annoter notre billet à l'attention du prochain contrôleur, pour lui expliquer qu'on s'est trompés de chemin... Il va donc falloir nous débrouiller pour obtenir des florins afin de payer le retour vers Budapest !

La demi-heure qui suit n'est pas vraiment de toute gaieté... Nous attendons debout devant la porte que le train s'arrête, mais il continue et continue... Autant de chemin à parcourir dans l'autre sens lorsque nous descendrons enfin !

DIMANCHE MATIN, 00H25
Nous descendons du train, sur le quai de gare d'une ville (ou village ? On ne voit rien de toute façon, il fait nuit noire) du nom de Szolnok, (pas) prêts à passer une très, très longue nuit... en espérant très fort qu'il y aura bientôt un train qui pourra nous ramener vers Budapest !

Derrière nous, deux filles avec de gros sacs à dos discutent en allemand. Nous nous adressons à elles pour savoir si elles connaissent un peu l'endroit...
SURPRISE !!!! Il s'avère qu'elles aussi voulaient aller a Belgrade et qu'elles ont fait la même erreur que nous !!!!!!!!!!

Faut croire qu'on n'est pas les seuls pas doués :)

Devenus compagnons de misère, nous décidons de galérer tous ensemble !

Nous entrons dans le hall de la gare... évidemment, tout est mort à cette heure-ci, une dizaine de clochards dorment un peu partout dans la gare,  et des gens à l'aspect louche attendent ici et là...

Allez hop, on va de suite checker les horaires de train, histoire de se faire une petite frayeur...
Le prochain pour Budapest est à 3h du matin...
Bon... Ca aurait pu être pire ! Mais du coup, il reste quand même 2h et demie à attendre ici... Hum... Agréable nuit en perspective !!

Les Autrichiennes se dirigent illico presto vers le distributeur de billets afin de retirer des florins et pouvoir chacune commander de suite
un café + une vodka à la sandwicherie (qui par chance est ouverte même à cette heure tardive...)... tout en s'excusant auprès de nous de ces manières, qui, nous disent-elles, ne sont pas du tout une habitude chez elles, mais sont totalement dictées par cette situation peu ordinaire !!

De notre côté, nous nous renseignons quand même pour le taxi, au cas où... en communiquant moitié en allemand (très réduit), moitié en langages des signes et en écrivant des chiffres sur la poussière de la vitre du taxi... C'est 100 euros pour Budapest !
Bon bah on va plutôt attendre le train alors...

Nous avons donc 3h pour faire un peu connaissance avec nos compagnonnes de misère... Il s'avère qu'elles ont essayé elles aussi avant le départ de se renseigner pour savoir s'il y avait un changement à Budapest...
Mais à la gare, aucun employé n'ayant su leur répondre, on leur a conseillé de demander au contrôleur, une fois dans le train.
Et évidemment, elles sont tombées sur le même contrôleur que nous, qui leur a dit que c'était le bon train, et que, s'il y allait effectivement y avoir un changement à un moment, elles n'auraient cependant pas besoin de changer de train, car ce wagon allait être raccordé aux autres... (elles étaient dans le même wagon que nous)
(comme quoi ce n'était pas ma faute qu'on se soit retrouvés perdus en Hongrie en plein milieu de la nuit, mais bien celle du contrôleur !)

Dans notre malheur, nous avons quand même un peu plus de chance que les Autrichiennes, qui venaient visiter Belgrade pour 2 jours seulement à la base... La durée de leur court séjour allait être encore plus réduite !

Afin d'avoir une petite idée des quantités d'argent à retirer en florins au distributeur (car depuis notre séjour en Hongrie, nous avons évidemment complètement oublié la valeur d'un florin en euros), nous essayons de découvrir combien peut bien coûter un billet pour Budapest...
Echec total ! Le couple de personnes âgées à qui nous nous adressons ne parle ni anglais, ni allemand, ni français bien sûr, et ils ne comprennent rien, même quand nous leur faisons des petits schémas sur papier avec des chiffres, des dessins avec des petits trains qui vont vers le mot "Budapest", en faisant le signe de l'argent...  Ils se contentent de nous répondre des mots incompréhensibles
en hongrois (vous me direz qu'on comprend toujours bien un ou deux mots dans une langue étrangère... Eh ben là, rien du tout !!! Le hongrois est vraiment une langue impénétrable pour toute personne qui n'a jamais étudié cette langue ! Le fait de parler allemand ou anglais... ou serbe n'aide pas du tout, on ne capte pas un mot...).

Finalement, ce sont les vendeurs de la sandwicherie qui nous fournissent le renseignement en allemand.

Nous retirons donc de l'argent au distributeur - car oui, la carte bleue de Rodolphe avait atteint sa limite de retrait, mais fort heureusement j'avais apporté ma carte aussi !

DIMANCHE MATIN, 1H00 du mat'
Rodolphe et moi sommes assis sur un banc qui s'est libéré, au milieu des clochards qui nous interdisent de parler afin de pouvoir roupiller tranquilles, tandis que les Autrichiennes s'en vont filmer la gare dans ses moindres recoins pour garder un mémorable souvenir de cette nuit... (la vodka doublée du café les a considérablement aidées à rester de bonne humeur dirait-on !)

DIMANCHE MATIN, 1H30 du mat'
Nous découvrons avec surprise que, si les guichets de la gare, eux, ferment pendant la nuit, la dame-pipi, elle, campe toute la nuit à la porte des toilettes afin de faire payer tout visiteur !

DIMANCHE MATIN, 2H30 du mat'
Ca y est, les guichets ouvrent... nous achetons enfin notre ticket !

DIMANCHE MATIN, 2H45 du mat'
Nous sommes bien évidemment déjà sur le quai à attendre le train avec impatience...

DIMANCHE MATIN, 3H du mat'
Enfin dans le train direction Budapest, youhou !! On a bien fait attention à se renseigner auprès des voyageurs dans le train pour vérifier si on allait bien à Budapest !

Seul (gros) point noir : on a vérifié nos horaires de train, et le seul train pour  Belgrade est à 13h15 !!... Ce qui fait qu'on devra poireauter à Budapest pendant tout ce temps, sachant qu'on est crevés et que quasiment tout est fermé à Budapest avant  8h-9h de la matinée.


DIMANCHE MATIN, 4H du mat'
On crève de chaud dans le train (apparemment c'est vraiment dans tous les trains de nuit qu'on met le chauffage à fond), mais notre petit groupe de 4 égarés roupille comme des anges !

DIMANCHE MATIN, 5H du mat'

On est à Budapest (après 2h de trajet au lieu des 1h à l'aller, mais pour une fois, ça ne nous aurait pas dérangés que le train aille encore plus lentement pour pouvoir dormir un peu plus !!)...

Nous essayons de nous renseigner un peu partout pour voir s'il n'y aurait pas des bus qui partiraient un peu plus tôt que le train pour Belgrade...
Evidemment, tout est fermé, et même le guichet d'information normale, qui ouvre d'habitude à 9h est fermé toute la journée, car on est dimanche... Le seul guichet complètement perdu qu'on trouve nous confirme ce qu'on craignait : il faut se résigner à attendre le train de 13h15...

DIMANCHE MATIN, 5H15 du mat'
Nous nous séparons finalement des deux autrichiennes en leur souhaitant bonne chance, pour partir en ville à la recherche d'un café pour s'intaller et comater.

DIMANCHE MATIN, 5H20 du mat'
Nous découvrons avec déception que la station de métro de la gare est en travaux et donc fermée cette semaine !! Les quelques Hongrois que nous rencontrons sont tout aussi perdus que nous sans le métro...

DIMANCHE MATIN, 5H25 du mat'
Nous trouvons enfin la navette de remplacement de métro, mais vu que tous les guichets de vente de tickets de transport étaient fermés et que le chauffeur de bus non plus n'en vend pas, nous préférons descendre le plus tôt possible et faire le reste à pied jusqu'au centre-ville ! (ce serait le comble d'avoir une amende pour fraude dans le bus en plus !!!)

DIMANCHE MATIN, 5H35 du mat'
Galère... Rien n'est ouvert à cette heure-ci !!! Il y a juste un vendeur de kebabs en train de nettoyer sa boutique, et prêt à nous ouvrir exceptionnellement, mais aucun siège en vue...

Nous errons dans les rues vides de Budapest avec nos sacs à dos qui commencent à nous peser... Sans parler du froid glacial et des crampes aux jambes dues aux longues promenades à Vienne et au manque de sommeil !

Le seul point positif, c'est qu'au moins, nous connaissons déjà la ville et que ça facilite un peu les recherches !

DIMANCHE MATIN, 6H du mat'
Transis, les épaules en feu et les pieds en piteux état, nous trouvons enfin un pauvre café ouvert, où nous décidons de rester jusqu'à 9h30 en alternant lecture / dodo / comatage...

Nous arrivons à peine à soutenir une conversation ! Quant à moi, je pique du nez pratiquement à chaque phrase que je lis dans mon polar...

A tour de rôle, chacun étale mon écharpe sur la table pour pouvoir dormir un peu !!

DIMANCHE MATIN, 8H du mat'
SURPRISE !!!! Les deux Autrichiennes débarquent dans le café (qui est quand même à 25mn à pied de la gare) !!!!!

Preuve qu'il n'y a vraiment rien d'ouvert jusqu'à 9h du mat' à Budapest !!!

DIMANCHE MATIN, 9H30 du mat'
Nous quittons de nouveau les Autrichiennes pour migrer vers un Burger King afin de manger un whopper (il n'y a pas de Burger King à Belgrade :)), histoire d'avoir quand même quelque chose dans le ventre pour le trajet de retour !
Nous restons là jusqu'à midi (rebelotte : lecture / dodo / comatage), puis nous flânons en marchant tranquillement jusqu'à la gare (nous ne sentons plus nos épaules ni nos pieds mais c'est pas grave).

DIMANCHE MATIN, 12h30
Les Autrichiennes sont déjà à la gare en train d'attendre que le train à destination de Belgrade soit affiché ! Elles se sont renseignées, notre billet de train est toujours valable (heureusement !)

C'est le bonheur total lorsque nous voyons enfin le numéro du train apparaître sur le panneau d'affichage, et à l'heure en plus :)

DIMANCHE APRES-MIDI, 13H15
Enfin dans le train pour Belgrade, nous nous disons que c'est fini on va enfin rentrer chez nous !

Une petite photo de Rodolphe tout fatigué :

On n'a vraiment pas de chance par contre, nos sièges ne sont pas inclinables ni même amovibles... Mais on n'est plus à ce petit détail près !

DIMANCHE APRES-MIDI,18H00, en  Serbie après Subotica
Notre train s'arrête et reste bloqué pendant 1h comme ça :(...

DIMANCHE SOIR, 21H45,  Belgrade
On arrive finalement au Nouveau Belgrade avec 1h30 de retard !!!!!... Le comble...
Le train s'éternise, ça va prendre encore du temps pour arriver à la gare de Belgrade ... Nous décidons de sortir au Nouveau Belgrade, on n'en peut plus !

On prend un taxi, puis direct dodo !! Home sweet home...


FIN du récit de notre voyage à Vienne !!!!!


En bref, on aurait dû arriver à Belgrade le dimanche matin à 6h29 si on avait pris le bon train... mais au final, nous sommes arrivés 15h30 plus tard pour nous être trompés de 100 km...

Soit en tout, environ 26h de trajet au total pour couvrir les 650 km qui séparent Vienne de Belgrade (un peu plus qu'un Paris-La Rochelle :)) !!!

(ça fait du 25km/h si on fait la moyenne - la vitesse d'un vélo lol !)

On ne nous y reprendra plus (enfin j'espère !!!! Vraiment !!!!!!!)

Comme on dit, les voyages forment la jeunesse hein...

Posté par natynatt à 21:58 - 5. Excursions en dehors de la Serbie - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

    oh là là, mais c terrible ce qui vous est arrivé!

    par contre, ce que je ne comprends pas (il doit bien y avoir une raison!), c'est pourquoi vous ne prenez pas l'avion, c si cher que ça?
    Posté par mvida, vendredi 13 avril 2007 à 15:45
  • Non en fait l'avion n'est pas si cher que ça (environ 200 euros l'aller-retour Belgrade-Vienne pour les meilleurs prix), mais c'est vrai que c'est un peu au-dessus de nos moyens actuels !
    C'est clair que si on gagnait plus tous les 2, entre le train et l'avion, on n'hésiterait pas une seconde !!!

    Au moins on pourra dire qu'on aura testé les transports serbes... Et puis ça va, on est jeunes, on survit à une nuit blanche
    Posté par Natsuki, samedi 14 avril 2007 à 16:21

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