Le Belgradois

Deux ans à Belgrade (en Serbie) : mes excursions (en Serbie, au Monténégro, en Croatie, etc), découvertes culinaires et autres aventures.

samedi 15 décembre 2007

EXCURSION A NIS ET NISKA BANJA

Encore un récit d'excursion ! Eh oui, je ne m'arrête plus :) (et c'est pas fini en plus !!!)

Alors donc cette fois-ci, comme le titre l'indique, nous nous sommes rendus à Niš (prononcer "Nich"), 3ème plus grande ville du pays (après Belgrade et Novi Sad)...

Serbie_carte

... avec environ euh... entre 250 000 et 350 000 habitants  (entre les infos trouvées sur le net et celles du Petit Futé, on ne sait plus qui croire !! Mais il faut savoir que le Petit Futé dit aussi que Nis est la 2ème ville de Serbie... alors qu'il dit déjà la même chose de Novi Sad !).

Enfin bon, probablement que le chiffre 350 000 englobe les 68 banlieues de Niš ainsi que la station thermale Niška Banja (dont je vous parlerai plus tard).

***

Située sur la rivière Nišava, la ville de Niš tire son nom (à l'origine : « Naïssus », c'est-à-dire « ville des fées ») d'une légende inventée par les Celtes au 3ème siècle avant J.C., selon laquelle des fées s’ étaient couchées dans la rivière !

Aujourd'hui, Nis est une ville industrielle (industrie électronique, textile, tabac, ingénierie mécanique) et universitaire importante en Serbie (30 000 étudiants dans 13 facultés). Et, tout comme Belgrade et Novi Sad, elle possède un Centre Culturel Français (eh oui, les Serbes sont assez francophiles on dirait !).
En outre, c'est aussi la ville la mieux desservie
de Serbie après Belgrade : elle est reliée à cette dernière par une autoroute toute neuve, et possède même... un aéroport international ! (avec, depuis 2003 apparemment, des vols pour Paris, le luxe !!). Ces détails paraissent bêtes à dire comme ça, mais les autoroutes c'est quand même appréciable dans un pays où on voyage moins vite en train qu'en voiture...

Intéressant à savoir, Nis est également une ville historique importante, puisque c'est là qu'est né Constantin le Grand (en 274), premier empereur romain chrétien et fondateur de Constantinople, qui y a résidé à plusieurs reprises durant son règne (306-337) et en a fait un centre administratif important - vous pouvez voir les restes de sa résidence d'été, où il séjournait entre 2 campagnes contre les Germains, sur le site romain "Medijana" (on y trouve entre autres des fragments du palais, des mosaïques, des thermes, ainsi qu'un musée).

Constantin Le Grand étant chrétien, c'est dans les environs de Medijana que l'on trouve apparemment l'église chrétienne la plus ancienne de Serbie, datant du 4ème siècle.

Dans l'histoire plus récente, Nis est également connue pour des faits beaucoup plus sombres : c'est près de cette ville qu'a été construit, sous l'occupation allemande, le premier camp de concentration nazi, le camp "Crveni Krst" (c'est-à-dire "Croix rouge"), où sont passées plus de 30 000 personnes - bizarrement un des quartiers de Belgrade porte le même nom, je me demande si c'est en rapport avec le nom de ce camp ou avec tout autre chose. 

L'on peut aujourd'hui visiter ce camp, conservé en bon état.

Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez regarder le film de Miomir Stamenkovic "Lager Niš" (1987), qui relate une célèbre révolte des prisonniers en 1942.

***

Quant à nous, nous sommes allés à Nis, non pas pour visiter le site romain Medijana ni le camp de concentration, mais plutôt pour aller voir à quoi ressemblaient le centre-ville (bien sûr !), la forteresse (d'après le Petit Futé, le "plus important fort médiéval de toute la Serbie-Monténégro après celui du Kalemegdan à Belgrade" - le Petit Futé n'a pas peur d'utiliser des superlatifs !!) et la tristement célèbre "Tour aux Crânes" (en serbe, "Cele Kula"), monument dont je vous expliquerai tout plus bas dans ce post.

Bon à savoir avant de partir à la découverte de Nis : Nis est une ville de festivals, alors autant y aller lors de ces périodes !

  • 3 juin : défilés romains et joutes orales dans tous les lieux relatifs au passé antique de la ville
  • Août : festival de rock en plein air "Insomnia" (dans la forteresse, ainsi que dans les rues de la ville paraît-il)
  • Octobre : festival international de jazz (dans la forteresse)

Nous sommes donc partis de bonne heure de Belgrade, vers 9h30. Le trajet se fait rapidement, l'autoroute étant en très bon état : environ 2h30 top chrono ! (pas comme pour les Portes de fer...)

Juste avant d'arriver à destination, nous avons décidé de faire un petit détour : nous avions lu dans le Petit Futé que dans les environs de Nis (à 14 km), non loin d'un petit village du nom de Cerje, se trouvaient les grottes de Cerjanska (2 grottes, une fosse et une fontaine) où l'on pouvait observer colonnes et rideaux de pierres, stalactictes, stalagmites, et ... hélactites (eh oui ça existe aussi ! Ce sont en fait des "roses des grottes").

Après un trajet sur une petite route de campagne à moitié enneigée, nous sommes donc arrivés dans le village de Cerje... assez pittoresque on va dire !!! Maisons en bois, habitants  habillés comme des paysans d'une autre époque qui nous ont regardé passer avec curiosité avec notre voiture... En bref, le village perdu dans la campagne profonde serbe !!

Manque de panneaux pour se repérer, nous demandons notre chemin aux habitants... Qui nous expliquent tous qu'il faut prendre la voiture jusqu'au maximum de ce qu'on peut avancer, puis continuer à pied...

Euh... ok mais là on est vraiment censé pouvoir rouler avec notre voiture de ville ?

D'après les habitants, aucun problème : le tracteur y passe, alors pourquoi pas la voiture ? Hum...

Finalement, après un petit essai, nous devons nous rendre à l'évidence : trop difficile avec la voiture !!
Idem pour y aller à pied, c'est vraiment trop boueux...

Tant pis, il faudra revenir par temps plus sec ! Et en attendant, se contenter de la vue du paysage...

Une petite maison en pierre et en bois où habitait l'une des personnes qui nous a renseignés :

***

20 mn plus tard, nous arrivons à Nis...

C'est drôle, comme à Belgrade, on y paye sa place de parking par SMS !! (en envoyant le numéro de sa plaque d'immatriculation à un numéro - on reçoit immédiatement une confirmation, avec l'heure limite de parking)
Eh oui, c'est un des côtés très modernes de la Serbie :) (vous avouerez qu'en France, les horodateurs, c'est pas top quand même)

Sitôt arrivés, nous nous promenons un petit peu le long de la rivière Nišava (celle dans laquelle les Celtes pensaient que des fées s'étaient couchées) :

De l'autre côté de la rivière se trouve la forteresse :

En face du pont de la forteresse se trouve la place principale de la ville : la place "roi Milan" :

... avec "l'hôtel 3 étoiles - tour" Ambassador (on a remarqué en traversant plusieurs villes qu'il y avait souvent des hôtels immenses de ce genre - comme si le fait que ça soit une tour était le gage de la qualité de l'établissement) et le monument dédié aux libérateurs de Nis ("Spomenik oslobodiocima Niša"), construit en 1927 pour fêter le 15ème anniversaire de la libération de Nis des Turcs :

Le cavalier - représentant un Serbe de la région Morava - porte un drapeau signe de liberté avec les célèbres initiales serbes "SSSS" ("Samo sloga Srbina spasava" - seule la concorde / l'entente peut sauver les Serbes).

Si vous vous rendez en Serbie, vous remarquerez que sur toutes les factures que vous pouvez recevoir (y compris les tickets de caisse au supermarché), vous avez ces initiales en cyrillique : CCCC, sous forme de croix, comme ceci :

images

Bizarre je trouve, de voir cette devise partout.

***

En route maintenant pour la forteresse :

Alors, pour la petite histoire, cette forteresse a été construite par ... les Turcs évidemment (qui ont occupé la ville de 1386 à 1877) entre 1719 et 1723 pour se défendre des Autrichiens - Niš ayant une situation stratégique en tant que "carrefour balkanique" (c'est l'étape indispensable pour tout le trafic venant d’Europe centrale et aboutissant en Grèce ou en Turquie), elle a longtemps été convoitée et occupée par de nombreuses puissances - ce fut d'ailleurs, pendant 2 siècles, la ville la plus peuplée de l'empire serbe.

Voici donc l'intérieur de la forteresse :

(à noter qu'en entrant sur la droite - à gauche sur la photo, il y a un magasin pas mal de souvenirs ethnos : jolies bouteilles peintes, kilims typiques de la région de Pirot, etc)

On peut monter en haut des remparts (longs de 2100 m)...


A gauche, le plus ancien monument ottoman, un hammam érigé en 1498.

... et de là, observer la ville...

et le marché en bas :

Comme à Belgrade, les marchands font preuve d'inventivité pour exposer leurs produits :

- à même le sol...

- ou carrément sur leurs voitures !

Le reste de la forteresse en fait, c'est le parc (assez grand !!)...

... avec par ici, une collection de stèles...
... par là, un dinosaure en bois :

... et par là-bas, des bâtiments intéressants :

Au final, l'entrée de la forteresse est certes assez jolie, mais comme d'habitude, je trouve les propos du Petit Futé exagérés !! Ce n'est certainement pas la 2ème plus grand forteresse de Serbie comme il le prétend... (ou alors je ne comprend pas les critères de classement !).
La forteresse de Novi Sad me paraît beaucoup plus grande ! (d'ailleurs, ça fait un moment déjà que je me dis qu'il faudrait que je fasse un post sur la forteresse de Novi Sad, où nous avons emmené des amis par 2 fois déjà...)

***

Après la visite de la forteresse, nous nous dirigeons vers le centre-ville.
Comme à Belgrade, on trouve des cafés sur l'eau :)

Et voici la rue piétonne principale...

... avec des constrastes d'architecture :

Eh oui, les bâtiments sont sombres pour la plupart, peu attrayants... Mais c'est bien à ça que ressemble le centre-ville ! Bref, on est loin des jolies couleurs des rues piétonnes de Novi Sad ou Subotica...

En continuant un peu encore, on trouve le plus grand centre commercial de Nis : Kalča (à droite sur la photo).

Sur la gauche quand même, des sculptures intéressantes :

et l'entrée d'une petite rue sympa :

Il s'agit de la plus ancienne rue du centre-ville (elle date de la première moitié du 18ème siècle) : "l'allée des rétameurs" (Kazandžijsko sokače), aujourd'hui pleine de cafés et restaurants.


(au fond, on aperçoit le centre commercial Kalca - le bâtiment en verre)

Nous continuons la balade : nous avons en effet l'intention d'aller visiter la Tour aux Crânes, à 2 km du centre-ville.


Un petit parc sur le chemin...

Et nous voilà enfin arrivés !

Alors qu'est-ce que c'est que cette fameuse "Tour aux Crânes" (en serbe, "Cele Kula") ?

Eh bien en fait, il s'agit d'un monument unique en son genre : un énorme bloc de pierre de plusieurs mètres de hauteur, avec incrustés dedans, les crânes de 952 soldats serbes !!

C'est en 1809 que le voïvode (= duc) Stevan Sinđelić, à la tête de 3000 soldats serbes, perdit une bataille importante contre l'empire ottoman (une armée de 10 000 Turcs). En guise d'exemple, le sultan donna l'ordre à ses lieutenants de lui ramener à Istambul les têtes des commandants serbes. Et, sur place, 952 crânes furent empilés pour former une tour, afin de dissuader toute autre personne aux idées révolutionnaires ! Charmant n'est-ce pas...

Cette tour étant restée à l'air libre de 1878 à 1892 (elle est aujourd'hui protégée par une sorte de petite chapelle), il ne reste aujourd'hui que 58 crânes (dont celui de Sinđelić) - les autres ayant été soit détériorés par les intempéries ou bien ayant été retirés par les familles des défunts afin de les enterrer.

***

Quelle ne fut pas notre déception quand nous avons constaté que la porte de la chapelle était fermée ! Fausse alerte : pour entrer, il faut en fait s'adresser à une employée pour qu'elle ouvre la porte, après avoir payé l'entrée.

Vous noterez la petite touche "sympa" (on va dire...) des petits crânes sculptés des 2 côtés de la porte !! (cliquez pour agrandir si besoin)

Et voici la fameuse "tour" en question (en fait plutôt un bloc de pierre comme je le disais plus haut) :

Un peu déprimant tout ça !!

***

Un peu d'air frais pour la route...

... et c'est reparti dans l'autre sens, pour retrouver le centre-ville !

Une fois arrivés là-bas, nous avons fait un tour dans les rues avoisinantes de la rue piétonne... Et c'est encore plus moche que la rue piétonne !

Partout, une impression de pollution et de saleté, des bâtiments gris...

... des rues désertes...

***

Finalement, comme Nis ne nous a pas trop plu comme ville, et que nous en avions à peu près fait le tour, nous avons décidé de ne pas passer la nuit-là, mais plutôt de continuer notre route, même s'il faisait déjà nuit...

Nous avons fini par porter notre choix sur Niška Banja, une petite station thermale de 4500 habitants environ à 9 km à l'est de Nis - apparemment ça a pas mal de succès en été, l'eau de cette station ayant pas mal de vertus (pour l'anecdote, "Banja" signifie "Bains" - le nom de la ville est donc littéralement "les Bains de Nis").

Le village était vraiment totalement désert - nous avons d'abord passé le temps en nous installant dans une "poslaticarnica" (salon de thé) où nous étions les seuls clients, et où la patronne a eu besoin d'aller acheter du lait dans le petit magasin à côté pour nous servir les chocolats chauds que nous avions commandés (sa machine n'avait pas l'air en super état non plus, elle a mis environ 25 mn à nous servir :)). 
Puis, nous nous sommes un peu promenés dans la nuit noire - quand on longe les petits cours d'eau, c'est vrai qu'on aperçoit pas mal de vapeur - d'après le toucher, l'eau devait être à une vingtaine de degrés (bon c'est difficile à dire car on avait assez froid en fait, donc si ça se trouve l'eau n'était pas si chaude que ça !!).

Le soir, nous avons mangé dans un petit restaurant où la patronne nous a annoncé qu'il n'y avait rien de ce qu'il y avait indiqué sur le menu, à part des grillades !! (eh oui, l'hiver n'est vraiment pas la saison pour visiter ce coin on dirait...)
Mais bon bien sûr, nous avons quand même fait un bon repas.
Sur la carte des boissons, une petite curiosité : le "namestaj" - il s'agit en fait d'un verre de vin (rouge ou blanc) servi avec un verre d'eau minérale.

Nous avons finalement passé la nuit dans un hôtel du village, l'hôtel Ozren - un 3 étoiles (une trentaine d'euros la nuit, avec petit-déjeuner inclus - comme dans tous les hôtels en Serbie)... mais les standards serbes ne sont pas les mêmes qu'en France !! (si vous voulez un aperçu de la chambre, c'est par ici - pour info, les télés dans les chambres ne fonctionnent pas, il n'y a presque pas de pression dans le jet de la douche, et, contrairement à ce qu'indique la brochure, il n'y a pas de bowling ni de billard).
En plus, pas de chance pour Rodolphe et moi, les lits de notre chambre n'étaient pas confortables - on a passé toute la nuit à s'inquiéter que les ressorts nous trouent le dos !! (ah, et info supplémentaire, il n'y a pas de chambre avec lit double !!)

***

Le matin, après un petit-déjeuner dans une salle déserte...

... nous avons admiré encore un peu le paysage :

... avant de reprendre la route !!

La suite de notre excursion au prochain post :)


Informations pratiques :

Site romain Medijana :
Bulevar Cara Konstantina bb (sur la route de Niš
ka Banja)

Camp de concentration Crveni Krst :
Bulevar 12 februar bb (derrière la forteresse)

Posté par natynatt à 15:45 - 4. Excursions en Serbie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 11 décembre 2007

DJERDAP ET LES PORTES DE FER

Aujourd'hui encore, un petit récit d'une excursion (qu'on a faite le lendemain de la visite de Subotica), cette fois-ci aux Portes de fer, à la frontière avec la Roumanie.

carte_portes_de_fer4
(cliquer sur la carte pour agrandissement)

Vous n'avez aucune idée de ce dont je parle ?  

On parle des Portes de Fer pour désigner une gorge du Danube (avec un défilé d'une longueur de 135 km quand même - de Bazias à Turnu-Séverin), qui constitue une partie de la frontière entre la Serbie (nord des montagnes des Balkans) et le sud-ouest de la Roumanie (sud des Carpates). La largeur du fleuve y varie de 2 km à moins de 150 m par endroits.

Mais pourquoi ce nom bizarre, les « Portes de fer » ? Eh bien en fait, à l’époque où le défilé marquait la frontière entre les empires austro-hongrois et ottomans, une immense chaîne en fer traversait le fleuve à l’endroit le plus étroit, matérialisant une douane pour les navires. C’est l’ensemble  de la région qui a ensuite reçu ce nom des Portes de Fer.


Notre excursion aux Portes de fer donc (début novembre) :

Avant toute chose, une petite mise en garde : certes, lorsque l'on regarde la carte, la route n'a pas l'air très longue... Et c'est vrai que cela ne fait que 250 km environ l'aller.  Mais en fait, il n'y a qu'une petite partie du trajet qui se fait sur l'autoroute - le reste se fait sur de petites routes de campagne, et la fin (la plus grande partie) sur une route le long du Danube, qui tourne un peu dans tous les sens...

Donc en fait, ce sont environ 4 bonnes heures qu'il faut compter pour l'aller !

Une excursion à faire plutôt en été donc... Car l'hiver, ici, il fait nuit noire vers 16h30, et je peux vous dire que les petites routes de campagne tarabiscotées quand on n'y voit rien, c'est pas la joie...

Autre solution, prendre un week-end pour faire cette excursion, car non loin du village Donji Milanovac (15 km), dans la région des Portes de fer, se trouve un site archéologique réputé (Lepenski Vir), qui constitue sûrement une halte très intéressante.

Enfin, la dernière variante est de faire le voyage en bateau ! Certaines agences de voyage à Belgrade organisent des croisières sur le Danube, très sympas paraît-il !

***

Nous sommes donc partis vers 9h30 de chez nous.
La première partie du trajet est assez monotone, on prend l'autoroute en direction de Nis (en très bon état), jusqu'à la sortie pour Pozarevac, puis on arrive sur les petites routes de campagne, jusqu'au village Veliko Gradiste.

C'est à partir de là que ça commence à devenir intéressant : nous avons traversé environ 6-7 villages, arborant des maisons absolument grandioses ou fantasques... De vrais palaces pour certaines !
Malheureusement, je n'ai pas trop d'exemples en photo car je n'allais quand même pas faire arrêter la voiture tous les 10 mètres pour photographier une maison !... (Quoique, ça aurait été moi au volant... Eh oui, je suis une photographe compulsive !!)
Bref, les 2 photos ci-dessous sont loin d'être aussi impressionnantes que les demeures que nous avons pu voir
...

... Cela contrastait étonnamment avec les habitants que l'on a pu apercevoir sur la route, paraissant tous très pauvres (exactement le cliché des grand-mères courbées, habillées tout en noir, avec des foulards sur la tête - limite ressemblant à des Amish pour vous donner une idée).

Nous nous sommes demandés sur le moment à qui pouvaient bien appartenir toutes ces belles maisons... Des expats peut-être ? Car cela paraissait vraiment invraisemblable que les gens que nous avions aperçus en soient les propriétaires !

J'ai appris plus tard qu'en fait, il s'agit de maisons de Serbes aisés qui habitent à l'étranger et qui reviennent en Serbie uniquement pour l'été, pour y passer leurs vacances.

***

Après Veliko Gradiste, on arrive vers le Danube (qui ressemble vraiment à un lac à cet endroit, tellement il est large ! Il me semble avoir lu quelque part qu'il fait environ 7 km de largeur sur cette portion-là) :

De l'autre côté, c'est la frontière roumaine (tout à gauche sur la photo - car ce qu'on voit au centre, c'est encore la Serbie, avec la route qui tourne tout le long du Danube).

Au bord de l'eau trône la célèbre forteresse de Golubac, de la ville du même nom (pour vous dire, c'est elle qui fait la couverture du Petit Futé, et elle figure également sur la couverture d'un autre guide...) :


(difficile de prendre une photo plus correcte sans mettre les pieds - et les jambes... - à l'eau !)

Apparemment, on peut grimper sur la forteresse (sauf les tours), mais nous ne le savions pas (faut dire que ça n'a pas l'air en super état de près), alors nous avons continué notre chemin après avoir pris le temps d'admirer.

Un peu avant la forteresse, on aperçoit des débris d'une construction curieuse incrustée dans la roche (aucune idée de ce que ça peut être !) :

La route continue, ça tourne toujours autant... Et le Danube est toujours aussi large, et le relief toujours aussi plat... Quand est-ce que ça monte ?

Nous avons dû rouler près d'une heure ainsi... Sur la carte, les Portes de fer paraissent vraiment tout près, mais c'est vraiment trompeur !

Finalement, un peu découragés de ne pas voir arriver la fameuse gorge du Danube, nous avons fait une halte au village Donji Milanovac...

... où nous nous sommes vraiment bien restaurés ! (repas typiquement serbe comme vous pouvez le constater :) Même à 6, on n'a pas réussi à tout finir !!)

Le pain (très bon) était fait maison :)

Et voilà mon assiette :

Ca paraît rien comme ça mais je vous assure que c'est bourratif !! Le pljeskavica était "gourmand" bien sûr, c'est-à-dire fourré au lard et au fromage.
Quant à la salade, c'est une salade typique serbe : la "sopska salata" : concombres, tomates et fêta râpée. Si vous enlevez la fêta, ça devient une "srpska salata", c'est-à-dire une salade "serbe" - ne me demandez pas pourquoi !

En tout, à 6, on a eu une addition totale de 2900 dinars (environ 35 euros), soit environ 6 euros par personne (avec de l'eau pour tous, de la rakija - alcool local à la prune - pour une personne, des desserts pour 2 personnes, et une salade de poivrons marinés). Encore meilleur marché qu'à Belgrade donc !

***

Mais pas de temps à perdre, le soleil va bientôt commencer à baisser ! Il est temps de reprendre la route...

Et en fait, c'est précisément peu après le village de Donji Milanovac (peut-être 15-20 mn de voiture) que le paysage commence à devenir beaucoup plus intéressant : le Danube commence à se resserrer... et ça commence à monter !

Ici la vue qu'on a d'un point d'arrêt stratégique, avec une église / un monastère dont la musique religieuse s'entendait dans toute la vallée, à des kilomètres à la ronde :

Petite remarque : je vous conseille de vous arrêter et de vous garer à chaque fois qu'il y a ces sortes de petits parkings sur le côté, ils sont prévus pour admirer la vue à des endroits bien choisis.

La vue d'en haut est assez impressionnante :

Il paraît qu'avant la construction du barrage des Portes de fer, il fallait entre 3 à 4 jours (au lieu de 10h - 15h aujourd'hui seulement) à un navire de commerce pour franchir le défilé des Portes de fer, à cause en particulier de ce passage, surnommé "Cazane mari si mici" (littéralement "petites et grandes marmites de géantes") tellement le courant y était tumultueux !!

De l'autre côté, sur la rive roumaine, on peut distinguer une sculpture géante taillée dans la roche :

Il s'agit d'un monument à la mémoire de Decebal, roi Dace qui vécut de 87 à 106 après J.C.

Après ce passage (le plus étroit de la vallée, avec 150 mètres de largeur), la route redescend et le Danube s'élargit de nouveau (donc en fait la partie la plus impressionnante est assez courte) ; il faut rouler environ 40 mn de route encore avant d'atteindre le fameux barrage des Portes de fer :

... qui ne paraît pas si impressionnant de loin !

Mais un peu plus de plus près quand même :

... Pour les connaisseurs (pas comme moi !), ce barrage (le plus puissant d'Europe) comporte apparemment 2 centrales hydroélectriques, une écluse serbe et une écluse roumaine. Il assure 12% de la production électrique roumaine.

Pour l'anecdote,
pour construire ce barrage, il fallut déplacer environ 8500 Serbes et 14500 Roumains, ainsi que des lignes de chemin de fer... et certains villages, surtout sur la rive serbe, comme Donji Milanovac (là où nous avons fait notre halte-déjeuner) durent même être reconstruits plus haut sur la rive au moment de la construction de ce barrage (entre 1964 et 1970), car la vallée avait été inondée par la mise en service de ce dernier, le niveau de l'eau ayant monté de 30 mètres.

Ce barrage constituant une frontière entre la Serbie et la Roumanie, il est bien surveillé - on n'a en principe pas le droit de prendre de photos, et dès que les employés voient que quelqu'un s'approche, ils viennent voir la personne en question pour lui dire qu'il est interdit de se promener dans cette zone.

***

Sur le chemin du retour, nous nous sommes encore arrêtés une dernière fois pour admirer le paysage...

... avec ses magnifiques couleurs automnales :

Et c'est fini pour les photos !

***

Le retour quant à lui fut... sportif !!

Pour ne pas avoir à reprendre la même petite route le long du Danube, nous avons pris une autre petite route à travers la campagne (indiquée en jaune sur la carte au début du post)... Il faisait noir, on ne voyait absolument rien avec uniquement les feux de croisement... (difficile d'utiliser souvent les phares, car il y avait des voitures en face) et on tombait sans cesse sur des obstacles... inattendus : chiens errants traversant brusquement la route (c'est très courant ici, vous verrez si venez en visite ici !), cyclistes sans lumière, petits groupes de vieux se baladant en plein milieu de la route dans le noir complet, ... Et bien sûr, nids de poule et tournants à volonté !! On avait beau rouler, sur la carte, on n'avançait pas !!

Je dois vous avouer qu'on a eu un peu peur... Mais bon nous sommes arrivés sains et saufs malgré ces petites frayeurs :)


Informations pratiques :

Restaurant "Zlatna Ribnica", Fish & Meat Grill
Kapetana Mise 38
Donji Milanovac
Tél.: 062 13 26 997

Posté par natynatt à 15:30 - 4. Excursions en Serbie - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 20 novembre 2007

EXCURSION A SUBOTICA ET AU LAC PALIC

Eh oui, je suis de retour sur ce blog ! Désolée de ne pas le mettre plus souvent à jour... Ce n'est pas du tout que je n'ai rien à raconter - tout au contraire !! (j'ai énormément de posts en retard, sur des sorties, excursions, anecdotes, etc) -, mais tout simplement que je suis pas mal occupée ces derniers temps...

Et puis y a pas à dire, tenir un blog de façon régulière, c'est quand même assez "chronophage" !!


Donc, une de nos dernières excursions, c'était à Subotica, ville à quelques kilomètres de la frontière hongroise (d'ailleurs, ce fut une ville hongroise pendant une certaine période), successivement appelée "Szabadka" (nom hongrois actuel), "Sveti Maija", puis  "Marijaterezijapolis".

C'est aujourd'hui la 2ème ville de la région de Voïvodine par son nombre d'habitants (160 000), après Novi Sad (que nous avons déjà visitée) et la 5ème plus grande ville de Serbie...

(pour ceux qui ne connaissent pas très bien ce pays, la Voïvodine (dont la signification en serbe est "duché") est une région autonome de Serbie, comme le Kosovo - enfin seulement jusqu'à ce 10 décembre, date où le Kosovo va annoncer son indépendance).

***

Luxe incroyable, nous sommes allés à Subotica en ... voiture !!! Eh oui, c'est une première :) Nous avions loué une voiture pour l'occasion !! (enfin plutôt une petite camionnette, car nous étions 6 - des amis de France étaient venus nous rendre visite)

Alors, des conseils pour louer une voiture ici ? Eh bien, assurez-vous que celui qui va conduire sait bien manier le volant et n'est pas trop nerveux ! Ce n'est pas une grande découverte évidemment, mais ici, les gens conduisent vraiment n'importe comment : dépassements par la droite, utilisation de la bande d'arrêt d'urgence comme d'une voie normale, queues de poisson, utilisation peu fréquente du clignotant, ... En plus, sur les routes de campagne, il y a pas mal de chiens errants qui surgissent de nulle part sur la route, il faut avoir de bons réflexes pour les éviter !!

Bien que Subotica ne soit qu'à 178 km de Belgrade, avec de l'autoroute tout le long, nous avons mis un peu plus de 2h30 pour arriver à destination - il y avait des travaux sur une bonne portion du trajet. 

Arrivé sur place, on repère très facilement la rue piétonne principale.  Nous nous sommes garés sur un petit parking gratuit à 5 mn de marche même pas du quartier piéton.

Et en route pour la découverte du centre-ville !

Voici, peu avant la rue piétonne, la maison Raichle (du nom de son constructeur
et propriétaire Ferencz J. Raichle) - une ancienne demeure privée, construite en 1904 dans le style "Art nouveau", aujourd'hui devenue le Musée d'art Moderne "Likovni susret" :

Et nous voici enfin à la rue piétonne principale en question ! C'est coloré et sympa...
(désolée, mais à cette heure de la journée - il était dans les environs de midi -, ce n'était pas idéal du tout pour prendre des photos dans ce sens, donc c'est un peu sombre)

Ce qui est drôle, c'est que les inscriptions sont pour la plupart en serbe ET en hongrois !! (d'après ce que j'ai pu lire, une bonne partie de la population là-bas est hongroise - d'après Wikipedia, ces personnes représenteraient une majorité absolue ou relative - mais les chiffres varient selon les sources, donc je ne peux pas vraiment vous en dire plus...).

Au bout de la rue, on aperçoit déjà la "Gradska kuca" (mairie), rouge et blanche, avec le toit pointu (ça ressemble plutôt à une église !), construite entre 1908 et 1912 par 2 architectes de Budapest, Marcell Komor et Dezső Jakab :

Encore une petite photo de la rue piétonne, cette fois-ci dans l'autre sens :

Au bout, on peut emprunter une agréable allée bordée d'arbres (une autre chose assez sympa à Subotica, en plus des couleurs : les arbres) :

Et re-voici la Gradska Kuca, de côté :

Vous remarquerez qu'il y a une petite fontaine bleue devant - il y en a une autre du côté de la rue piétonne, mais verte ! Enfin, apparemment... Car quand nous l'avons vue, elle était blanche, probablement en attendant d'être repeinte) !

Après un long repas de midi dans un café-resto sympa de la rue piétonne principale, nous sommes lentement revenus à la voiture en empruntant une autre rue piétonne...

... bordée d'arbres elle-aussi :

... et avec en particulier une bâtisse aux formes intéressantes :

Reste encore la synagogue à voir (des mêmes architectes que la mairie ), mais nous n'avons pas le temps de nous attarder plus ! Nous voulons encore voir le lac Palic, et passer la frontière hongroise (toujours pour la même histoire de visa qui fait que je dois obligatoirement sortir du territoire serbe tous les 3 mois).

***

15 mn de voiture plus tard, nous sommes au fameux Lac Palic - long de 7 km, avec 17 km de pourtour quand même !

Au 19ème siècle, de nombreuses personnes - notamment la famille impériale autrichienne (!) - aimaient s'y rendre pour goûter aux vertus de ses "eaux thermales" (l'eau présente des substances minérales intéressantes et a en moyenne une température de 25°C - apparemment il y a une sorte de microclimat sec et ensoleillé avec un vent faible tout autour du lac).

En fait, le lac en lui-même ne présente pas tellement d'intérêt (hormis les activités qu'on peut y pratiquer : pédalos... ainsi que kayak, aviron, planche à voile dans les clubs nautiques) ; ce qui est intéressant, ce sont surtout les villas qui l'entourent.
Si vous faites le tour en voiture, vous en verrez pas mal, aux formes parfois très bizarres !! (désolée, je n'ai pas pu prendre les plus excentriques en photo, il faisait déjà nuit...)

Voici justement une construction intéressante :

Ici un hôtel, la "Villa Luiza" :

Il y a pas mal de monde (surtout des adolescents !!! On s'est sentis un peu vieux parmi toute cette folle jeunesse lol) qui se balade le long du lac, souvent sur des tandems ou autres véhicules à roues (qu'on peut louer à côté du bâtiment rouge en long de la photo).

Après le sport, le réconfort ! On peut se reposer dans ce café du nom de Ženski štrand (littéralement : la "plage des femmes"), mais qui ne semble pas pour autant interdire l'entrée aux hommes (c'est le fameux long bâtiment rouge de la photo précédente) :

Encore un peu de flânerie le long du lac...

(et juste pour info, là, il était 16h et quelques... Eh oui, la nuit tombe tôt en Serbie !! On est à la même heure que la France, alors que la Serbie est à la limite du fuseau horaire...)

Et voilà, c'est tout pour la partie illustrée de cette excursion !

***

Au final, on a bien aimé Subotica ; comme Novi Sad, ses couleurs colorées changent du gris de Belgrade ! C'est juste dommage qu'on n'ait pas eu le temps de se promener plus... Mais la nuit tombe tellement vite ici !!

Pour ce qui est du lac Palic, c'est sympa certes comme endroit, mais j'ai quand même été un peu déçue... J'imaginais peut-être plus de verdure, plus de... je ne sais pas... Ici à Belgrade, tout le monde parle tellement de ce lac en termes si flatteurs, que que du coup, on en attend peut-être trop... Et probablement que c'est beaucoup plus intéressant en été !

***

Quant au passage de la frontière hongroise, si vous voulez le savoir, il nous a pris pas mal de temps - déjà pour y arriver... Mais en plus, les douaniers se sont montrés très suspicieux : qu'est-ce que c'était que ces jeunes sans bagage aucun, Français, qui voulaient passer la frontière à cette heure avancée où il fait déjà tout noir, dans une petite camionnette vide et trop grande pour eux, avec un conducteur qui avait un nom aux consonnances albanaises ?? (il s'appelait Alban - le douanier était persuadé que ça se prononçait "Albanne", et lui a posé plein de questions sur les noms de ses parents, etc, pour vérifier s'il n'était pas réellement Albanais !!)

On a donc eu droit à une petite fouille de la camionnette (comme tous les autres véhicules) - après coup, on a presque regretté de ne pas avoir caché l'un d'entre nous dans le coffre pour leur faire une petite surprise :) (quoique non, ça n'aurait peut-être pas été une super bonne idée !!)

***

Le trajet de retour a pris pas mal de temps (3h et quelques - on a eu des embouteillages sur la fin)... Pas pratique quand même de ne pas avoir de train rapide ici, et de toujours devoir prendre la voiture !

Enfin bon, au final, ça aura été une bonne petite journée ! Rodolphe et moi sommes bien contents d'avoir enfin pu visiter Subotica (depuis le temps !), sans pour autant avoir à prendre le bus (de 3h à 4h30 de trajet selon les bus) ou le train (encore plus long !) - c'est une jolie ville, mais bon, ça aurait fait encore plus de temps dans les transports, et en plus, on n'aurait pas pu faire le lac Palic !


Location de voiture à Belgrade :

Vous pouvez vous adresser par exemple à l'agence Avis de l'hôtel Hyatt :
Milentija Popovica 5,
Tel:  +381 11 301 1234

Il est possible de garer gratuitement le véhicule loué dans le parking de l'hôtel.

Posté par natynatt à 13:15 - 4. Excursions en Serbie - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 11 septembre 2006

24 ANS A SREMSKI KARLOVCI !

Comme certains le savent déjà, le 5 septembre et le 9 septembre, Rodolphe et moi avons nos anniversaires respectifs. A cette occasion, ses collègues de bureau ont eu la très gentille attention de nous offrir un aller-retour ce week-end dans un train romantique pour la ville de Sremski Karlovci (une vraie petite ville historique : c'est le centre de l'Eglise orthodoxe serbe et le berceau du premier lycée du pays. Elle est également réputée pour ses vignobles depuis l'Antiquité !)

Un train romantique ? Eh oui, c'est le cas de le dire, car ce train spécial s'appelle le train "Romantika" !

Il s'agit d'un train à l'ancienne remis à neuf, avec locomotive à vapeur, qui dessert des sites historiques, comme Smederevo, Novi Sad et Sremski Karlovci - la petite ville que nous avons visitée samedi.

Voici un aperçu du train (comme d'hab, cliquez sur les photos pour agrandissement) :

Il ne paie pas de mine comme ça et ne dégage rien de spécialement romantique (à part les bouquets de fleurs) ni de spécialement ancien... à part certes la locomotive quand même ! Qui a l'air d'ailleurs assez authentique, car à l'intérieur du wagon, on reçoit des poussières de charbon par la fenêtre... et le soir on voit des étincelles dans le noir pendant tout le trajet...

Mais à l'intérieur, c'est le confort et l'élégance totals ! Je vous laisse juger...

Il y a même de la musique dans les wagons pendant tout le trajet (on a eu du western à l'aller et des musiques serbes traditionnelles au retour - il y a même eu une chanson où pas mal de gens ont chanté dans le train !) - et un serveur en costume passe dans chaque wagon pour proposer du café !
Dans le 1er wagon, il y a aussi un resto qui a l'air assez classe.

Sinon, pour passer d'un wagon à l'autre, c'est un peu l'aventure ! Comme les trains à l'ancienne, il y a juste un petit "pont" :

Bref, ça secoue et ça vente ! Pas l'endroit idéal pour admirer le paysage en fait...

Le train met environ 1h30 pour parcourir les 57 km qui séparent Sremski Karlovci de Belgrade ; il n'a donc rien à envier aux trains modernes serbes, dont la vitesse de pointe est d'environ 80km/h !
Et il est d'importance de noter qu'on n'a eu (du moins à l'aller) aucun retard, ce qui est appréciable !

Sur le trajet (de la campagne tout le long), on a pu voir pas mal de maisons en briques et ciment apparents, sans finitions (probablement que les gens n'ont pas les moyens de payer les finitions ?) :

Nous sommes arrivés à Sremski Karlovci à 10h15, terminus du train... et là nous avons suivi le troupeau (dont 2 Japonais !!), guidé par un guide de l'office de tourisme venu spécialement accueillir le train.

Et voici à quoi ressemble la place principale de la ville :

A l'office de tourisme, un guide nous a fait une petite présentation de la ville en anglais, ainsi qu'une description des choses à voir. Les Serbes quant à eux peuvent carrément participer à un tour guidé de la ville.

Donc dans les choses à voir à Sremski Karlovci (elles sont pratiquement toutes regroupées sur la place centrale de la ville), il y a notamment :

- Le premier bâtiment devant lequel on passe est le premier lycée du pays (créé en 1791), dont les cours sont dispensé en serbe et anglais :

- La cathédrale orthodoxe, de style baroque :

- L'église catholique :

- une des plus vieilles fontaines du pays (de style baroque, avec des lions) :

- et la "High school" (dont nous n'avons pas visité l'intérieur) :

Le matin, nous nous sommes donc baladés sur la place centrale, et avons fait un tour dans des petites rues très calmes (on entendrait une mouche voler ! Ca change de Belgrade...)

... qui nous ont menés tout en haut de la ville, dont on a une jolie vue :

A midi, nous avons fait une (longue... vous allez comprendre pourquoi !) halte dans un resto sur la place centrale, le "Cetiri Lava", une taverne vieille de 150 ans (même si le décor ne fait pas si vieux).

Le menu était en cyrillique, il m'a fallu déchiffrer... et reconnaître les quelques noms de plats serbes avec lesquels nous sommes familiers...

Rodolphe a bien sûr opté pour un pljeskavica (aux oignons)... ce qui s'est avéré un bon choix ! C'était sans aucun doute le meilleur qu'on ait goûté au resto. Et en plus, pour le même prix que l'on paierait à Belgrade pour un plejskavica seul, il y avait ici la garniture (frites maisons, légumes et fromage).

Quant à moi, depuis le temps que je voulais goûter du poisson cuisiné à la serbe... j'ai sauté sur l'occasion ! Car à Belgrade, les plats de poissons coûtent généralement beaucoup plus cher que les plats de viande (au resto "?" par exemple, un plat de poisson coûte minimum 800 dinars - environ 9 euros - mais plus souvent dans les 1000 dinars - 12 euros -, au lieu des 400 dinars qu'on paye pour un plat de viande en sauce)

J'ai donc choisi de prendre en entrée une soupe de poisson, suivi d'un plat de poisson typique, le "stuka".

Bref, arrive la soupe... mais mon Dieu, c'est une entrée ça ? C'est énorme !!

Il y a un poisson entier dedans (avec les dents...) ! Probablement de la truite... et malheureusement pas très cuite (la chair est toute rosée à l'intérieur). Mais l'ensemble est bon ! Bien que pas mal épicée... éternuements, mouchages et bouffées de chaleur en perspective !

Devant l'ampleur du plat, Rodolphe et moi nous disons que le cuisinier a dû mélanger ensemble l'entrée et le plat principal comme une viande avec sa garniture...

Je termine avec pas mal de pain en me félicitant de ce bon repas et nous nous préparons à décoller du resto...

Quand soudain la serveuse arrive pour me débarrasser de ma soupe et me demande si je garde les couverts pour le poisson...

Et là voilà... 5 mn plus tard arrive mon plat de résistance ! Le fameux "stuka" ! Servi frit (c'est assez salé d'ailleurs), et avec des frites maison comme le pljeskavica !

Inutile de vous dire que je n'ai pas réussi à terminer mon plat ! (Rodolphe avait fini le sien à grand peine déjà, sans "entrée").

Au total, le repas était bien bon (très très bourratif pour moi !! 2 plats de résistance, ça fait beaucoup pour une fille...), typique et pas cher du tout par rapport aux prix pratiqués à Belgrade (un total de 980 dinars - soit environ 11 euros - pour la totalité du repas).

Pour info : après vérification du mot "stuka", il s'agit du brochet - d'après mes collègues de bureau, les poissons les plus typiques et les meilleurs ici sont le "stuka" (prononcez "chtuka" - le brochet), le "saran" ("charan" - la carpe) et le "smuc" ("smutch" - euh... j'ai pas trouvé la traduction désolée !)

Absolument repus (comme après tout repas dans un resto serbe on dirait !), nous nous sommes baladés ensuite dans le parc de la ville - un parc jadis très riche en variétés d'arbres (environ 300) mais aujourd'hui tombé en ruines.

Et pour finir la journée, nous avons flâné par ci par là au hasard des rues (après une petite pause goûter évidemment)...

... et sommes tombés par hasard sur le musée du miel (et du vin également). Il s'agit d'un musée privétenu par une famille très sympathique, qui fait visiter gratuitement une petite pièce qui raconte l'histoire de leur grand-père apiculteur, ainsi que leur cave à vins (température naturelle constante de 12°C).
S'ensuit une petite dégustation - gratuite elle aussi - de 3 sortes de vins (2 vins blancs au goût très léger, très bons, et un vin rouge de dessert, très sucré... et très bon aussi - il a d'ailleurs reçu un prix) et d'un miel (d'accacia ou aux fleurs) au goût très naturel. Le tout parfois environné d'abeilles pour les malchanceux !

Après cette dégustation vient bien sûr un petit tour dans la mini-boutique... pour notre part, on a pris un pot de miel d'accacia, il est vraiment très bon !

Nous sommes rentrés avec le train "Romantika" de 18h30, après une journée ma foi très agréable dans cette petite ville serbe très calme ! On a vraiment l'impression d'être à la campagne à seulement 60 km de Belgrade.

Seul hic, notre train a eu 20 mn de retard au retour ! Mais pour une fois, ça ne nous a pas énervés, on était de bonne humeur après cette journée :)

Posté par natynatt à 16:27 - 4. Excursions en Serbie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 29 mai 2006

NOTRE EXCURSION A NOVI SAD... OU LA REDECOUVERTE DE LA LENTEUR DES TRANSPORTS SERBES... DANS TOUTE SON AMPLEUR !

Samedi, nous sommes partis visiter la ville de Novi Sad (littéralement "nouvelle plantation", donc "nouvelle ville"), située dans la province de Voïvodine, au nord de la Serbie, à 89 km de Belgrade.

Il s'agit de la 2ème plus grande ville de Serbie (après Belgrade donc), avec... 300 000 habitants !!

Tant qu'on est dans les chiffres, en voici quelques autres pour vous faire une idée de la population en Serbie :

  • Population de Belgrade : 1,4 million d'habitants (soit environ la population de Cologne).

  • Population de Serbie : un peu plus de 10 millions d'habitants.
  • Quant au Monténégro, il y a environ 650 000 habitants.

Bref, vous l'aurez compris... la Serbie, c'est plutôt un petit pays !

Comme le Petit Futé indiquait qu'il n'en coûtait que 250 dinars l'aller-retour (environ 3 euros) pour aller à Novi Sad en bus, et que ça ne durait que 45 mn (contre 1h15 en train), nous nous sommes dit que nous allions opter pour le bus... De toute façon, il est vrai que l'expérience du train pour aller à Kotor nous était un peu restée en travers de la gorge... même si nous nous disions que pour 89 km, il serait difficile de mettre beaucoup plus qu'une heure et demie, même en train.

Enfin bref, nous voilà au guichet de la station de bus... je commande donc les billets... et voilà que l'employée me demande 450 dinars (5,10 euros) pour chaque billet... aller simple ! 4 fois le prix annoncé par le Petit Futé donc... Hum, ok... 1ère anomalie. Comme nous avons un budget limité, nous nous résignons d'ores et déjà à l'idée qu'il faudra sans doute rentrer en train si nous ne trouvons pas de bus moins cher pour le retour.

Le bus était confortable - comme nos grands autocars de voyage en France. Mais 2ème petite anomalie : il y avait seulement une dizaine de passagers, contrairement à ce qu'avait annoncé le Petit Futé (selon le guide, les bus sont bondés car non-susceptibles de retard comme le train).

Enfin, le départ s'est fait à 10h pile comme prévu - tout allait encore jusque-là.

Le trajet s'est fait sur une route de type départementale, qui traversait la campagne et de petites villes / villages. Nous qui pensions prendre l'autoroute !!

Le bus s'arrêtait à chaque fois dans les différentes bourgades, parfois à des arrêts de bus de ville normaux - bref parfois on ne comprenait pas vraiment pourquoi le bus s'arrêtait.

Comme en Chine, ce n'est pas le chauffeur qui fait payer les voyageurs, mais un employé assis à côté de lui qui circule dans le bus pour aller voir les nouveaux passagers.
Et comme en Chine également, il semble qu'on puisse attendre à un arrêt simplement pour demander au chauffeur de prendre en charge un paquet pour l'amener à destination !!

Le trajet était agréable, bien que sur la fin, on en ait un peu marre du chauffeur et de son caissier qui fumaient comme des pompiers malgré le panneau interdiction de fumer bien visible (c'est incroyable le nombre de fumeurs ici). Et puis on a aussi eu pas mal de petites frayeurs avec notre chauffeur, un vrai chauffard compulsif qui doublait sur la file même quand il y avait un gros camion qui arrivait en face à toute vitesse !

Mais au fur et à mesure que le temps passait, on a commencé à réalisé qu'on n'arriverait pas en 45 mn à destination !!
Et c'est bien ce qui s'est passé... nous sommes arrivés à 12h25 à Novi Sad !!!
Soit 2h25 de trajet au lieu des 45 mn prévues par le Petit Futé !!
3ème anomalie donc
(mais faut dire qu'on est resté bloqué 1/2 h à l'entrée de Petrovaradin - juste avant Novi Sad - à cause d'un bouchon monstrueux).

Bref, nous voici donc à Novi Sad... Les 1ères impressions de la ville vue du bus n'ont pas été très positives !! De grands axes sans charme, et remplis de voitures.

Nous nous empressons de nous renseigner pour le billet de retour : pour le train, il y a un retour à 16h40 ou à 19h - le trajet dure 1h30 (et non pas 1h15 comme le prévoit le Petit Futé)... sans compter bien sûr le retard.

Nous nous renseignons quand même au hasard pour le bus, au cas où on se serait faits avoir à l'aller ; mais c'est bien 450 dinars l'aller Novi Sad - Belgrade là aussi...

Donc voici